les villes denses sont plus vulnérables aux fortes chaleurs que les villes vertes

C'est ce que confirme l’Institut de veille sanitaire (INVS) dans une étude des facteurs de risques de décès des personnes âgées résidant à domicile durant la vague de chaleur d’août 2003.

Certaines caractéristiques des logements diminuent le risque de mortalité :
la qualité de l’isolation, la présence de volets ou stores protégeant les ouvertures, un faible ensoleillement de la pièce de nuit.
Un bâtiment bien conçu permet, y compris lors de pics à 40°C, de ne pas franchir les 27°C dans la journée.

Parmi les paramètres ayant un effet positif, une hausse de l’indice de végétation à proximité des logements est un bon moyen de rafraîchir l’air ambiant et d’abaisser les températures extérieures.

Moyens d'aide au rafraichissement des villes :
* préférer les revêtements clairs réfléchissant la lumière ;
* planter des arbres capables de transpirer en période de forte chaleur ;
* ombrager les parkings, les cours d’école, les esplanades ;
* végétaliser les murs, les balcons, les toitures-terrasses ;
* mettre en service des fontaines, jets d’eau, bassins d’eau vive ;
* multiplier les espaces verts de proximité



« Un espace vert est donc un excellent équipement pour atténuer l’îlot de chaleur urbain et rafraîchir l’air ambiant »__.

Selon une étude de modélisation des flux d’énergie au dessus d’un quartier témoin, L’aménagement d’un parc arboré de 100 mètres carrés au cœur d’un îlot urbain, bordé par des immeubles de 15 mètres de hauteur, permet d’abaisser la température de 1°C dans les rues adjacentes. Ce gain de fraîcheur se prolonge sur une distance de 100 mètres. Au-delà, l’effet bénéfique de l’espace vert s’estompe.

Les chercheurs ont conclus qu’une augmentation de 10 % de l’emprise verte au sol diminue la température de l’air ambiant de 0,8°C. Or, un écart de 1°C n’est pas anodin en terme de mortalité : l’INVS estime qu’une hausse de 1°C aurait aggravé le risque de 80 % pendant la vague de chaleur d’août 2003.


L’asphalte, le béton et le granit accumulent l’énergie solaire la journée et déstockent la chaleur emmagasinée la nuit tombée. Ce sont de véritables puits de chaleur qui alimentent l’îlot de chaleur urbain.

Sous nos latitudes, les surfaces engazonnées et les arbres d’ornement équilibrent leur température interne, en transpirant énormément, à la manière d’un corps humain, dès que la température extérieure dépasse 25°C.

Outre qu’un arbre intercepte une partie du rayonnement solaire, procurant une ombre protectrice, il a aussi tendance à aligner sa température sur celle de l’air environnant. Ce mécanisme de régulation thermique est loin d’être négligeable : un arbre feuillus peut émettre jusqu’à 400 litres d’eau par jour, ce qui représente une puissance de refroidissement équivalente à celle de 5 climatiseurs pendant 20 heures en climat chaud et sec.

« la Terre se réchauffe et le principal responsable de ce changement est l’homme »

C’est ce qu’affirme la dernière synthèse du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), présentée à Paris le 2 février dernier.

Certains climatologues français prévoient que les vagues de chaleurs estivales seront plus longues, plus intenses et plus fréquentes, passant de 1 jour durant la période 1960-1989, à 14 jours à la fin du 21e siècle. En France, le changement climatique attendu se traduirait par une hausse moyenne de 9°C (+6°C globe), et le réchauffement serait plus marqué en été qu’en hiver.

"Afin de limiter les effets tragiques des pics de chaleur, l’introduction massive d’espaces verts et d’arbres doit être une priorité.
Des plans de verdissement, campagnes de plantation, aides à la création de parcs et de squares sont des mesures efficaces pour rafraîchir les îlots de chaleur urbains et atténuer les conséquences humaines des canicules à venir. Les villes doivent anticiper cette nouvelle donne climatique."

Source : certu/ville et environnement

Photo Montrealexpress